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Modélisation et Analyse pour la Recherche Côtière

Nutriments et plancton dans le Golfe de Gascogne

Les sels nutritifs dissous dans l’eau de mer (nitrate, phosphate, silicate) servent de nourriture aux algues phytoplanctoniques, base de la chaîne alimentaire marine, dès que l’éclairement devient suffisant pour permettre la photosynthèse.

Les nutriments et la biomasse phytoplanctonique suivent donc tous les ans des cycles saisonniers en opposition de phase, qu’on peut résumer comme suit en s'appuyant sur quelques images satellitaires caractéristiques tirées du catalogue Nausicaa.

Après un minimum hivernal de biomasse en janvier (Fig. 1), vient la floraison printanière : elle démarre dès le début mars dans les eaux de surface dessalées amenées au large par les panaches de dilution de la Loire et de la Vilaine (Fig. 2), puis apparaît en avril et mai dans la bande littorale peu profonde (Fig. 3), gagnant enfin en juin toute la partie centrale et sud du plateau du Golfe de Gascogne (Fig. 4).

Fig. 1 - Minimum hivernal de phytoplancton
(31 janvier 1999)

Fig. 2 - Floraison printanière précoce dans la couche de surface du panache de la Loire (15 mars 2000)

Fig. 3 - Floraison printanière dans la bande littorale

(18 mai 1998)

Fig. 4 - Floraison printanière tardive sur le plateau continental
(18 juin 2000)

Dans chacune de ces zones, les nutriments nécessaires à la croissance du phytoplancton venant rapidement à épuisement, la régression de la biomasse phytoplanctonique peut suivre rapidement la floraison printanière, causant un second minimum annuel, estival celui-ci (Fig. 5). De juillet à septembre apparaît cependant le long des côtes sud de la Bretagne une floraison estivale particulière de dinoflagellés, pouvant colorer localement l'eau en vert (Fig. 6). A partir de septembre, le retour du mélange vertical remet à la disposition du phytoplancton les nutriments issus de la reminéralisation de la matière détritique générée par la floraison printanière, et les zones côtières peuvent connaître alors une deuxième floraison (Fig. 7), moins prononcée que celle de printemps. Les deux derniers mois de l'année voient l'appauvrissement progressif de la biomasse, préludant au retour du minimum hivernal. Ce cycle moyen peut être modifié momentanément, mais profondément, par les aléas météorologiques : les grandes crues notamment peuvent créer de longs panaches d’eau dessalée et riche en nutriments, que la marée et le vent étireront sur le plateau continental (Fig. 8).

Fig. 5 - Minimum estival

de phytoplancton

(5 août 1998)

Fig. 6 - Floraison estivale de dinoflagellés

(14 août 2002)

Fig. 7 - Floraison automnale

(25 septembre 2002)

Fig. 8 - Extension inhabituelle vers le sud du panache de la Loire

(4 juin 2001)